Narratrice – La Reine des neiges est un film Disney de 2013 au succès planétaire, qui a fait le bonheur de milliers d’enfants et qui a été primé aux Oscars et encensé par la critique.
Fans – Aaaaaaahhhh / Hiiiiiiiii / ELSAAAA / ANNAAAAAA
Narratrice – Il raconte l’histoire de deux sœurs aux prises avec leurs pouvoirs et leurs sentiments.
Une petite fille – Alors qu’est-ce que ça a de si révolutionnaire ?
Narratrice – Déjà, on a deux héroïnes pour le prix d’une. Ensuite, à rebours des autres Disney, le prince charmant parfait rencontré au bal n’est pas un sauveur, mais un assassin avide de pouvoir.
Elsa – On n’épouse pas le premier baratineur qui passe, compris ? D’ailleurs, le célibat c’est très bien aussi !
Une petite fille – COMPRIS !
Narratrice – Le conflit de l’histoire est surtout interne. Elsa ne maitrise pas les pouvoirs qui l’habitent et vit cloîtrée, dans la retenue, écrasée par le devoir qui lui incombe…
Elsa – Étouffe tes désirs. Sois discrète. Cache tes pouvoirs. Bloque tes émotions. Sois sage. Sois chaste.
Narratrice – Jusqu’à ce qu’elle s’en libère :
Elsa – LIBÉRÉE, DÉLIVRÉE.
Narratrice – Le fameux passage de la chanson où Elsa envoie valser les carcans sociaux et s’accepte telle qu’elle est peut-être interprété comme un véritable coming-out de désirs inavoués ou socialement réprimés :
Elsa – En fait j’adore les tenues sexy paillettes !
Narratrice – ou
Elsa – En fait je ne veux pas d’enfant !
Narratrice – ou encore
Elsa – En fait j’adore le SM !
Narratrice – Une fois qu’elle contrôle mieux ses pouvoirs, Elsa est une BADASS. Elle affronte seule des mercenaires armés, aux antipodes de la »demoiselle en détresse ». De son côté, Anna part à l’aventure non pour un homme, mais par amour pour sa sœur.
Une petite fille – Je suis fan.
Narratrice – Alors oui, elle rencontre un beau tailleur de glace qui deviendra son mec en chemin.
Kristoff – Salut, moi c’est Kristoff. J’ai un super traineau.
Narratrice – Mais ce n’est pas lui qui sauve Elsa : c’est l’amour et le sacrifice d’Anna. On peut arguer que la Reine des neiges n’invente rien et manque cruellement de diversité dans ses représentations.
Elsa – Les filles ? Vous voulez être aussi menue que moi ? Il suffit d’arrêter de respirer.
Mulan – Euh, excusez-moi mais JE SUIS MULAN ET J’AI SAUVÉ LA CHINE. SANS POUVOIR. À une époque ultra sexiste. Mon film date de 1998 ! Merci de réinventer l’eau chaude !
Narratrice – Mulan est plus subversif dans ses thèmes, mais à la fin, il renvoie l’héroïne dans un schéma traditionnel : chez elle, en robe, avec le beau général Shang.
Mulan – Voulez-vous rester pour dîner général Shang ?
Une petite fille – Tandis que le royaume d’Arendelle finit avec une reine sorcière et célibataire sur le trône.
Narratrice – Finalement, plutôt qu’un conte sur l’amour si souvent présenté comme une compétition entre femmes, la Reine des neiges est une ode à la SORORITÉ !