ÊTRE UNE FEMME, C’ÉTAIT MIEUX AVANT ? – Mœurs en direct

Journaliste – À l’époque où vous vous êtes mariées, qu’est-ce qu’une femme espérait de son mari ? C’était quoi, pour elle, le mari idéal ?

Femme 1 – Déjà un mari qui avait la santé et du travail, c’était beau. Si il buvait pas, on pouvait pas demander mieux. 

Femme 2 – On se mariait réellement avec amitié parce qu’il y avait un moment qu’on se connaissait. 

Journaliste – Qu’est-ce que vous faisiez comme travail ?

Femme 2 – Moi j’allais raccommoder chez les gens.

Femme 1 – Aussi je faisais des ménages. 

Journaliste – En plus de vos travaux chez vous ?

Femme 2 – Oui.

Femme 1 – Ah oui, fallait bien. Un homme ça demande quand même un grand entretien. Parce que dans le temps, vous savez, il fallait beaucoup raccommoder, on achetait pas comme ça.

Journaliste – Et vous aviez des machines à laver, tout ça ?

Femme 1 – Non.

Femme 2 – Ah mais non. C’était le baquet et la brosse à chiendent.

Journaliste – Est-ce que les naissances étaient programmées ?

Femme 3 – Non non.

Femme 4 – Ah non.

Femme 3 – Ça aurait était bien si ça avait été programmé. On nous donnait pas le temps de ça.

Journaliste – Est-ce que vous avez eu des enfants ?

Femme 5 – Oui, j’en ai eu 8.

Journaliste – Est-ce que vous les avez souhaités ?

Femme 5 – J’en souhaitais 3.

Journaliste – Y’avait pas de contrôle des naissances ?

Femme 5 – Absolument pas. Y’avait absolument rien. La seule chose qui était possible, disons que c’est si l’homme avait daigné prendre des précautions et ça, j’ai jamais rencontré ça non plus. 

Journaliste – Vous avez eu des avortements ?

Femme 3 – Oui. Oui oui. 

Journaliste – C’était pas tellement autorisé à l’époque.

Femme 3 – Ah non, c’était pas autorisé. 

Femme 6 – On disait, si on a beaucoup d’enfants, l’inconvénient c’est que ça coûte cher.

Femme 5 – J’avais tellement peur de me trouver enceinte que j’aurais souhaité ne pas avoir de rapport. Et c’était devenu des rapports sans tendresse pour moi parce qu’il me dégoûtait. Il sentait le vin, il sentait l’alcool. Fallait subir sinon c’était toute la nuit qu’il faisait des comédies, des sérénades. Alors pour que les enfants puissent être tranquilles et bien fallait subir.

Femme 3 – J’avais souvent aussi des comédies pour cette chose-là, parce que comme souvent il rentrait ivre, bon bah, il cherchait à la chose mais bon je voulais pas parce qu’il avait bu ou alors il me frappait.

Femme 5 – C’était le maître. Moi on me disait, mon mari me disait, enfin, mes maris me disaient : de toute façon tu n’es qu’une femme, tais-toi, tu ne sais pas. Tu n’as pas le droit à la parole. C’est moi le maître ici. C’est moi qui doit prendre des décisions. 

Femme 6 – Moi, ma mère était très douce. Et parce que ma mère elle était très malheureuse avec mon père elle disait : écoute, Fernande, fais comme moi, sois souple. J’ai dit : oui mais tu sais des fois maman… Et elle dit : ça se passera tu verras.

Journaliste – Et vous pouviez pas vous permettre de tenir tête à vos maris ?

Femme 6 – Eh non.

Femme 2 – C’est tout de même lui qui rapportait l’argent.

Femme 1 – C’était l’argent madame.

Journaliste – Mais c’est uniquement pour ça que vous étiez soumises ?

Femme 3 – Comment faire ? Et puis fallait pas se plaindre. Et il aurait pas fallu que j’aille me plaindre chez mes parents.