1 – La pénétration c’est pas automatique.
La pénétration automatique est un mythe fondateur à effacer. Il fait partie d’une époque où la préoccupation principale était la procréation. Il fallait faire des enfants, il fallait assurer sa descendance.
Il y a mille et une façons d’inventer une intimité charnelle. Si l’on veut construire une sexualité du plaisir pour toutes et pour tous, il faut vraiment arrêter de penser »pénétration automatique ».
2 – Ce n’est pas normal d’avoir mal lors d’un rapport sexuel.
C’est très important de ne pas normaliser la douleur dans la sexualité. Que ce soit pour la première fois ou pour la millième fois. J’ai beaucoup entendu cette phrase : « Tu vas voir, la première fois, ça fait mal, mais c’est normal. »
C’est important de dire aux jeunes filles que la douleur n’est pas un passage obligé dans la sexualité.
Et en fait, ça concerne aussi les garçons, parce que c’est un mythe collectif qu’on entretient tous. C’est vraiment une idée à casser. Il faut dire aux jeunes filles et aux jeunes hommes que non, la sexualité ne peut pas commencer par la douleur, on ne peut pas accepter qu’on prenne plaisir et que sa partenaire ait mal.
3 – Le clitoris aussi a des érections.
Il n’y a pas que le pénis qui est concerné par l’érection. C’est important d’avoir le même traitement des organes pour l’égalité des sexes. Le pénis est un organe érectile qui se gorge de sang, ce qui va provoquer l’érection puis l’éjaculation. Le clitoris, c’est pareil, il se gonfle de sang, il peut doubler de volume. Cet organe qui procure du plaisir va également expulser le sang dans les veines lors de l’orgasme. Il n’y a pas de sexe actif et de sexe passif, il y a deux sexes actifs.
4 – On peut dire non à tout moment.
Et c’est important de revaloriser le consentement. Je trouve que c’est important de dire : « Le consentement c’est sexy. » J’ai envie de dire aux jeunes filles et aux jeunes garçons qu’ils peuvent toujours dire non. Ils acceptent un rendez-vous, ils peuvent toujours dire non. Ils sont dans le lit, ils peuvent toujours dire non. Ils sont en train de faire l’amour, ils peuvent toujours arrêter. En fait, c’est l’idée que le consentement n’est pas un engagement sans limite. Il ne faut vraiment pas céder à la pression sociale : souvent, les adolescents cèdent parce qu’il faudrait faire pareil, ils cèdent pour rentrer dans la conformité. Le consentement est une notion principale dans la construction de l’identité, de sa sexualité, etc.
5 – Ne pas avoir envie de sexe, c’est normal.
On est dans une société où on prône la sexualité comme quelque chose de valorisant. Or, on a le droit de pas être intéressé par le sexe. Il y a des jeunes qui vont être intéressés par la sexualité et d’autres qui ne le sont pas et je pense que c’est très important de respecter aussi les envies de chacun. Il ne faut pas oublier qu’il y a une pression, à l’adolescence, de faire comme tout le monde : « Il faudrait que je le fasse pas trop tard ? », « je devrais avoir envie de faire l’amour », « est-ce que je suis normal si je n’ai pas envie de faire l’amour ? ». Il faut tenter de prendre les décisions qui nous rendent heureux. Et ne pas perdre son temps à tenter de correspondre à la définition de quelqu’un d’autre.